30 septembre 2007
Tout est vrai
Je me suis réveillée la bouche pâteuse, un horrible sentiment de fierté pointant dans le coeur, un rire sardonique. J'ai ouvert mes volets violemment. Ils se sont abattus sur le mur puis m'ont claqués dans la gueule dans un retour à l'expéditeur digne du meilleur des boomerangs. J'ai regardé le ciel. Il était gris indéfinissable. Couleur orage bleu éclair. A pas menus je me suis dirigée à la salle de bains. J'ai joué à la fille.
J'ai revêtu un jean slim, des ballerines rouges à points blancs, un tee-shirt blanc moulant avec un visage noir d'une fille aux grands yeux bordés de maquillage. Je me suis identifiée à elle. Puis j'ai allumé une cigarette. J'ai jugé de cet effet. Le blanc mettait en valeur mes petits seins, absence de soutien-gorge. J'ai mouillé mes deux index d'un peu d'eau fraîche, et pinçant mon mégot entre mes dents de devant, j'ai fait pointer ces seins à travers le tee-shirt. Voilà, j'était fin prête.
J'ai attrapé mes clefs posées sur un trépied à l'entré du vestibule, j'ai arraché ma veste en jean défraîchi au porte-manteau, j'ai vérifié que dans ma poche interne j'avais mon portable, mes cigarettes et un vieux briquet orange moche. Puis j'ai dévalé les escaliers, fermé la porte d'entrée d'un coup de hanches, tourné la clef dans la serrure et j'ai couru prendre le bus.
Mince, j'ai oublié de me parfumer !
Puis arrivée à destination, j'ai jeté un geste calculé de la main dans mes cheveux et j'ai tourné les talons dans la première rue qui se présentait à moi. J'ai tout de suite reconnu le dallage clair qui se présentait sous mes pas et j'ai souri bêtement. Telle une fille béate face au futur proche qui l'attend.

Bruits de sécateur.
Une voix sèche.
CUT.
Je bois un peu d'eau, je souris. On rembobine la pellicule. Flash back sur travelling.
Changement de scène.
Je ne suis rien de ça, et j'en suis bien heureuse.
En ce dimanche, je ne me suis pas lavée, je suis restée en pyjama, j'ai glandé avec mon frère sur nos ordis, j'ai regardé le Roi Lion, j'ai failli pleurer, j'ai fait du café, j'ai mangé des crêpes du Cantal, j'ai mâché deux chewing-gums, j'ai croqué dans du chocolat au caramel, j'ai écouté de la musique, j'ai passé l'aspirateur, j'ai regardé le soleil décliner derrière l'église.
Et en aucune façon je n'ai eu l'envie d'être une fille partant à un rendez-vous galant. Ne pas se faire jolie, ou alors juste pour l'égo.
26 septembre 2007
Mode de vie
L'ennui et l'attente.
Mode de vie : aucun.
Journée typique : se lever à 13h. Poisson et riz. Jus d'orange sur le balcon avec cigarette. Ouverture des volets. Pliage de couette. Rester un quart d'heure devant les CDs pour en choisir un. Le poser quelque part et l'oublier. Dire des conneries sur myspace. Chercher du taf en diagonale. Regarder la moitié d'un film. Le trouver pas top. Se lasser. Le laisser en plan en pensant à le regarder plus tard. Boire un café. Prendre une douche. Ecouter le classique sur Inter. Chercher une chanson convenable pour la page myspace. Entendre la porte d'entrée s'ouvrir. Déconner avec le frangin. Choses pratiques avec la mère. Des regards noirs à l'écran. Se mordiller un pouce. Tenter un apéritif sur le balcon pour fumer une clope avec les parents. Manger. Regarder mes monstres. Parler plus ou moins civilement aux autres. Regarder les moustiques se faire crâmer par ma lampe. Feuilleter les Inrocks pour écouter de la musique. Ne rien trouver de bien. Soupirer. Tendre les bras en l'air faire des moulinets avec les poignets. Regarder par la fenêtre le noir du ciel et la pluie qui tombe. Retirer sa bague. Dire au revoir à la famille qui se couche. Regarder encore un peu le film commencé plus tôt. S'en lasser. En chercher un autre. Manger des dragibus. Boire un thé. Se coucher.
Mode de vie : merdique.
Journée non-typique : se lever à 6h45. Déjeuner. Prendre une douche. Partir avec la famille. Prendre le train de 7h37. Clermont-Ferrand. Paris ? Non, Moulins. Entretien. Machouiller les lèvres. Lire. Fumer sur le quai de gare. Noir et blanc dans la tête. Ou alors faire un inventaire. Ne rien penser. Compter. Ne rien regarder. Les doigts sales de poussière. Fourmis ignorée et ignorante. Traîner sa carcasse dans Aurillac. Les deux librairies du coin. Cafés. Y lire et y fumer. Regarder l'affiche du cinéma et en être blasée, blessée. Penser à une vie future. Imaginer les deux prochains mois et en paniquer.
Mode de vie : inexistant.
~ Oreille ~ Old Child ~ Dionysos
