N E X T E X I T

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21 avril 2008

Question de timing

Y'a six ans, je passais le bac. Y'a six ans, j'avais 18 ans. Y'a six ans, j'étais déjà blonde aux yeux bleus. Y'a six ans, j'aimais déjà Serge Gainsbourg. Y'a six ans, je faisais chier tout le monde avec.
Maintenant, je me suis calmée.

Y'a cinq ans, je me foutais de la fac. Y'a cinq ans, j'allais pas en cours, j'avais 19 ans. Y'a cinq ans, j'avais des mèches roses, bleues ou blondes décolorées. Y'a cinq ans, je découvrais l'androgynie à travers Bowie et Placebo.
Maintenant, je sais me tenir en place devant les yeux noirs charbonnés au crayon d'un garçon.

Y'a quatre ans, je me foutais toujours de la fac. Y'a quatre ans, j'allais beaucoup au cinéma, j'avais 20 ans. Y'a quatre ans, j'avais encore des mèches roses et blondes. Y'a quatre ans, j'allais voir des films bizarres comme Tiresia et Wild Side avec des transexuels, et j'aimais ça, et je lisais la saga des vampires d'Anne Rice.
Maintenant, je lis toujours les vampires bien plus modernes de Poppy Z. Brite, une auteure transexuelle.

Y'a trois ans, je faisais enfin les études que je voulais. Y'a trois ans, j'arpentais seule ou pas les rues grenobloises, j'avais 21 ans. Y'a trois ans, j'avais des cheveux longs et courts en même temps. Y'a trois ans, je découvrais Arcade Fire, The Kills et Kicks Joy Darkness. Y'a trois ans je faisais encore des conneries aussi grosses que moi.
Maintenant, je me tiens presque à carreaux.

Y'a deux ans, j'obtenais mon DUT. Y'a deux ans, j'aimais encore Grenoble, j'avais 22 ans. Y'a deux ans, j'avais une coupe sage au carré toute blonde aux mèches décolorées blanches. Y'a deux ans, je lisais intensément les Inrocks et j'allais voir Oasis ou The Dresden Dolls en live. Y'a deux ans, je me peinturlurais les ongles en orange de chez Yves Rocher.
Maintenant, je n'aime que le bleu poison de chez Dior.

Y'a un an, je tentais de faire un stage à Rennes. Y'a un an, j'allais beaucoup à Paris, j'avais 23 ans. Y'a un an, j'avais les cheveux longs de ma couleur naturelle. Y'a un an, je me changeais les idées en draguant tout ce qui me passait sous la main. Y'a un an, j'allais voir n'importe quoi au cinéma. Y'a un an, je relisais Bernard-Marie Koltés et Sarah Kane, et j'écrivais beaucoup. Y'a un an, j'ai vu pas mal de fois Indochine en live, j'ai fait beaucoup de train.
Maintenant, je reste à pieds.

Maintenant, je tente de chercher du travail. Maintenant, je passe beaucoup de temps dans ma tête, j'ai 24 ans. Maintenant, j'ai les cheveux d'un carré plongeant, avec la nuque découverte et on peut m'y faire des chatouilles. Maintenant, je vais au cinéma une fois par semaine, le dimanche après-midi. Maintenant, je vais à des concerts toute seule. Maintenant, je rends de compte à personne.

Là tout de suite j'écoute Benny Goodman. Là tout de suite, je mange des pâtes chinoises avec des champignons noirs, du gingembre et des petits pois. Là tout de suite, je bois du thé or. Là tout de suite, je lis Millenium.

Et la vie tranquille, là tout de suite, c'est bien. Avec un peu de papier d'Arménie.

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14 avril 2008

v, w, X., y, z...

... et compagnie sont allés voir les Têtes Raides il y a un mois ...

... et ils ont chanté ...

je_chante_copie

Posté par Pincettes à 23:23 - N.e.x.t. - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 avril 2008

A la laverie. 1

Comme souvent, notre héroïne (c'est à dire moi), se rend à la laverie du coin après s'être armée de courage pour sortir en ce jour dominical. Mais depuis un an (déjà), elle a pris l'habitude, mais pas le goût, de s'y rendre. L'an dernier il s'agissait de la laverie Jeanne D'Arc à Rennes, et allez savoir pourquoi, elle s'y rendait toujours un jour pluvieux, et ça l'agaçait prodigieusement de rentrer aussi mouillée que ses fringues devenues propres. Elle attendait toujours le dernier moment pour y aller, n'ayant plus le choix, l'armoire étant vide ou seulement pleine de draps de bains et quelques chaussettes qu'elle ne souhaite plus mettre. C'est pourquoi par pure flemme, elle préférait faire les boutiques, acheter un jean, un tee-shirt, histoire d'être sûre d'avoir encore de quoi se vêtir une journée et demie.
Depuis son installation à Clermont-Ferrand, elle a décidé d'abandonner cette connerie du dernier timing et de se prendre par la main pour se rendre 500 mètres plus loin et laver ses vêtements.

Alors, aujourd'hui, après un tri minutieux, assise au milieu de son appart', toutes fringues éparses à ses alentours, elle choisissait de mettre de côté serviettes blanches et taie d'oreiller claire, ainsi que gros pulls noirs, pour laver le reste. Expliquons-nous, les gros pulls attendent d'être lavés depuis au moins un mois, si ce n'est pas plus. Après tout, elle n'est pas prête de remettre sur son dos ses pulls à col roulé vu le temps qu'il fait. Donc ce n'est pas sa faute, c'est la faute du temps !
Enfin bref, la voilà partie, mp3 branché sur les cactus de Dutronc, elle ajuste son image face aux miroirs qui jonchent l'allée qu'elle prend, et elle pense qu'il faudrait qu'elle achète un miroir en pieds, elle vérifie qu'elle a pris son bouquin du moment, 4 euros dans la poche. Tout va bien.
Deux bonjours disséminés par bonté aux deux personnes déjà présentes dans la laverie. Elle remplit sa machine, elle met ses sous, elle s'installe assise sur la grande table, les chaises étant déjà remplies, puis elle se plonge dans sa lecture. Et là, tout d'un coup, quelqu'un rentre pour connaître le prix de la lessive en vente sur place.

Et là. Il faut réellement imaginer l'arrêt sur image. Notre héroïne se mord la lèvre, regarde son bac qui tourne vite, elle se pince la langue de ses dents pour ne pas rire tandis qu'elle songe "merde la lessive !".
On peut la féliciter de ne pas s'être ridiculiser dans un fou rire spectaculaire. Ca s'appelle de la maîtrise de soi ! Enfin, toujours est-il qu'elle a, en effet, oublié de prendre sous son évier avant de partir, les sachets de lessive...

Elle se demande maintenant si c'est de la poisse, si c'est dû à sa blondeur, ou juste de la connerie. Parce qu'il faut vous dire, qu'elle n'y a pas pensé un seul instant à prendre la lessive.

Fin de l'épisode, désabusée, l'héroïne range toutefois son linge sur son étendard vert pomme et se jure qu'elle ne recommencera plus une bourde pareille...

~ Oreille ~ Bad Girl ~ Ana M.

Posté par Pincettes à 15:06 - Zapping - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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