N E X T E X I T

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29 septembre 2009

L'opéra de quat'sous

Aujourd'hui, on m'a dit de faire des concessions. De savoir m'écraser pour trouver ma place. On m'a dit que j'étais jeune. On m'a dit que j'étais utopiste ou idéaliste, je ne sais plus trop. On m'a dit de me la fermer pour creuser mon trou.
J'ai bien aimé la métaphore... Je pense que la personne voulait me dire "creuser ma tombe". Mais il se trouve que je suis trop jeune et la tête trop pleine d'idéaux irréalisables. On m'a dit qu'il fallait laisser ma place. Trop cher. On m'a dit que j'étais qu'un chien. De paille. Je hais Miossec.

Je préfère danser en pyjama sur The XX.

Aujourd'hui, on m'a dit que je valais quelque chose. Trop cher. Va voir ailleurs. On m'a mise à terre. On m'a fait sourire avec les yeux pleins de larmes. Retenir. On m'a dit que mes valeurs n'étaient pas les mêmes que celles de la société. Je me suis demandée ce que je foutais là.
Encore une fois, entre deux feux. Se battre ou abdiquer la nuque courbée. Les doigts tendus, fautive. Frappez-moi, je suis une mauvaise personne incapable de me soutenir face à Ça.

Aujourd'hui, on m'a dit que ma morale, je devais la ranger pour mieux me vendre. J'ai toujours eu trop d'honneur, trop d'égo, trop de prétention. Je ne sais pas m'allonger et me clouer le bec. Impossible. Ce ne sont pas mes valeurs. Je ne sais pas me faire marcher sur les pieds et ouvrir la bouche. Poubelle. Dépotoire. Prostituée.

Aujourd'hui on m'a dit que Brecht disait "D'abord la bouffe, ensuite la morale".
Et bien je vais faire régime. Et j'emmerde Bertolt.

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23 septembre 2009

Ne pas louper la prochaine gare. Deux minutes d'arrêt.

Le monde peut encore une fois s'écrouler.
D'ailleurs le mien s'émiette petit à petit, mais je souris, je danse, je me perds en mots. Je recommence. Je suis une guerrière. Un soldat combattif qui joue des coudes dans la jungle.

Bref.

Je disais le monde peut s'écrouler. Le nouveau Wax Tailor est là. Donc la vie peut me pourrir, mes oreilles restent actives. Et c'est la seule chose qui compte. Ouais, c'est la seule chose qui compte.

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21 septembre 2009

Le crime de 8h18

Comme tous les matins, je me réveille à 8h00. Je sors des vêtements de la commode et à 8h04 je branche la radio et j'écoute les infos en sourdine sous la douche. Quand j'en sors il est 8h15, j'ai les cheveux mouillés et j'enfile mes lentilles. Voilà, je suis réveillée. Je traîne des pieds jusqu'à mes vêtements, je laisse des traces de pas mouillés sous le sol. Et il est 8h18. Bernard Guetta est en train de finir sa chronique. Une petite pub et l'invité du jour chez Nicolas Demorand va débarquer à 8h20. Généralement, à ce moment là, je suis de retour dans la salle de bains et je me maquille. Ensuite c'est le moment de préparer le petit déjeuner et à 8h28 je m'installe à table. Normalement, ma première bouchée de pain vient en même temps que la revue de presse. C'est minuté, réglé, c'est parfait, c'est normal. J'suis dans une chanson de Katerine, le monde tourne rond et moi aussi. Borderline.

Mais ce matin, mon monde s'est arrêté de tourner à 8h18.

Au moment même où je prenais mon pantalon, jeté en tas sur mon pouf la veille, j'ai vu un truc bouger et galoper de l'autre côté du pouf.

Argh !

Plus aucun geste, on lève les mains, on respire, tout ira bien !

Si, si.

Alors du bout des doigts j'ai pris mon pantalon et je l'ai secoué. Rien n'en sortait. Parfait. Il est 8h22, je suis encore dans les temps. Ne plus s'approcher du pouf pour le moment. Faut être forte ! J'ai donc tartiné mon pain grillé de confiture à la prune, j'ai trempé le tout dans le café, tout en essayant de sourire aux blagounettes de Bruno Duvic pour ne pas regarder vers le pouf.

Tout ira bien.

Sans problème et avec beaucoup de fierté face à ma grande gestion du stress dès le matin, j'ai pu finir de me préparer. Séance brossage (dents et cheveux) et maquillage. Tout baigne. J'suis un peu décalée dans mon timing et mes habitudes matinales, mais je gère comme une grande !

Pourtant, il va bien falloir que j'enfile ma chemise posée aussi en tas sur ce fichu pouf. Armée de courage, j'en fais le tour, à bien un mètre (faut pas déconner, mon courage à ses limites) et je parcours des yeux cette étendue rose qu'est mon pouf. Visiblement, rien à l'horizon. Je tends le bras, je prends la chemise, je la secoue tranquillement (bah oui j'allais pas la secouer dans les airs avec le risque qu'une chose non-identifiée se catapulte dans mon appart, dieu sait où !). Pas de problème. J'enfile les bras. Un petit jeu d'épaule pour vérifier que y'a rien qui pique à l'intérieur. Tout va bien.

Et là, c'est la catastrophe. On gère pas toujours ses propres gestes en dépit de ce que voudrait son cerveau. Le mien me criait "va au boulot tu règleras le problème plus tard, t'es une grande fille, t'as peur de rien". Mais mes gestes décidèrent autrement. Ce satané bras releva le couvercle du pouf !

Cataclysme au quatrième étage !

Une araignée sort du pouf.

Oui, oui, oui. C'est pas de la blague ! Une partie de mon cerveau avait tenté d'analyser l'information à partir du moment où j'avais levé le pantalon du pouf, mais l'autre partie tentait de convaincre la première qu'il ne s'agissait pas d'une araignée ! Et bien si ! Et y'avait pas de papa à l'horizon pour mettre un terme à ma frayeur !

Au-Se-Cours !

Premier temps, rester stoïque. Braver la bête. Et puis la peur aussi.
Deuxième temps, rien à faire, les larmes aux yeux et les bras en l'air.
Troisième temps, voir la bestiole courir avec ses pattes dégoûtantes, et moi lever les pieds qui m'amenèrent à monter sur ma table basse.
C'est puéril, je vous l'accorde, mais ça fonctionne : quand on est en l'air on se sent plus en sécurité ! Si, si ! Je me répétais que j'avais l'air franchement ridicule, et je tentais tant bien que mal de boutonner ma chemise en ne quittant pas des yeux LE truc de 8h18. Je me disais "c'est pas la plus petite qui va bouffer la grosse" ou encore "elle a plus peur que toi", mais nan rien à faire. Fallait pourtant bien que je descende de la table, j'allais pas y passer la journée. Quoique... J'en ai caressé l'idée un moment... Mais LA connasse de 8h18 elle avait pas l'air d'avoir peur pour un sou et je la voyais plus grosse que moi, c'est elle qui allait me bouffer ! Maligne elle s'est glissée entre les plis d'un coussin noir.

Argh fois deux ! Catastrophe fois deux ! Elle avait à nouveau disparu...

Ni une, ni deux, j'ai sauté de mon roc, mon cap, ma magnifique table basse ! Allez ! Je vois mes chaussons, je les enfile, j'ai pas mis les chaussettes, c'est pas grave ! Je ne suis plus nu-pieds, je me sens mieux, je ne touche plus le sol, encore une fois. Mettre de la distance entre sa vie et la mienne. Voilà ! Moi j'ai des chaussons, pas elle !

Maintenant il ne reste plus qu'à me sortir de mon état de trouille pour agir. Y'a décidemment aucun papa pour m'aider et j'ai beau répéter "maman, maman, j'vais mourir" en tremblant, y'a pas de maman non plus. Tant pis ! Je prends une chaussure. Ouais ça c'est bien ! Une grosse chaussure, elle va crever d'un coup, faut juste pas que je me loupe, sinon elle va se barrer à l'autre bout de la pièce et j'suis bonne pour la camisole.

Je ne pense plus. Il ne faut pas. Sinon tout va capauter. Je tends le bras, la chaussure au bout, c'est bon, y'a suffisamment d'espace entre elle et moi. Je bouge le coussin. Rien ne sort. Bah merde, je l'ai pourtant pas rêvé ! Je bouge un peu plus et je me dis que j'aurai mieux fait de passer la journée sur la table, débraillée. Mais la voilà ! Yes ! Coup de chaussure ! En une seule fois ! Je rigole ! C'était du gâteau !

Il ne reste plus qu'à prendre un sopalin, tatilloner autour du cadavre écrabouillé et tendre l'index et le pouce dans une grimace de dégoût. Beurk, beurk. Loin de moi je jette LE truc de 8h18 dans la poubelle, je ferme la poubelle (elle était pas pleine mais c'est pas grave, on garde pas les cadavres chez soi, et on les jette pas non plus dans l'évier ou les toilettes, parce que l'eau, c'est traître, ça peut tout faire remonter !). J'attrape mon sac, toute tremblante et sûrement très pâle, mes clefs, voilà, c'est parfait, je peux sortir.

Arrivée en bas de chez moi, je jette la poubelle. Débarassée. J'suis contente.
Mes neurones semblent refaire connexion entre eux et frétillent de joie de se retrouver. Si bien qu'ils me font baisser les yeux à mes pieds.
Je suis en chausson.

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16 septembre 2009

Une certaine recette d'un certain bonheur

Je l'avoue. Je ne suis pas une bonne résistante.
Mettez-moi devant un nouveau livre de Serge Gainsbourg.
Donnez-moi ma carte bleue.
Mélangez et vous obtiendrez un sourire, une retenue larmoyante et un coeur gros comme ça. Oui comme ça. Encore plus même.

A cela, rajoutez un bout de finistère.
Epicez avec de la bière, des cigarettes, du café.
Imaginez une vieille photo, couleur sépia, de chiens bien allignés. Des sculptures. Mais pas en faience. En paille.
Passez la piste 3 en boucle.
Et donnez-moi des souvenirs d'un concert, des larmes aux yeux, de tonton juste là, parce que c'est rassurant un tonton juste là quand on est émue et qu'il ne le sait pas.

Au bout du compte, en fin de soirée, une amie qui s'en vient, une amie qui s'en va.

Je tiendrai le coup, n'est-ce pas ?
Bien sûr.
Mais assurez-vous bien, je suis une mauvaise résistante face à mes émotions.

Ca tombe bien en plus, vendredi soir à la coopé, y'a une soirée Serge Gainsbourg.

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12 septembre 2009

Deux pour une / L'opportuniste

Parce que les prochains concerts de prévus sont, entre autres, Indochine et Dutronc.

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02 septembre 2009

T'as des poils aux bras, c'est déjà bien de le savoir

Ce soir, je suis une petite fille. Pour un peu, je me ferais une couette sur le côté du crâne, je me peindrais les ongles en rose, je porterais une mini-jupe jaune et un vieux débardeur orange fluo avec des abricots dessus. Aïe, aïe, les années 90 ont fait du mal à la mode quand même. Heureusement je n'ai eu qu'une fois 12 ans. Et le vert pomme n'est resté qu'une année la couleur favorite des petites filles en devenir. Après on est passé vite fait aux années grunge, ô que vive Nirvana et les fringues de Papa trop grande.
Mais ce soir j'ai un grand sourire, je me souviens de ma robe Benetton jaune pâle, de mon manteau rose.
Ou peut-être même que je devrais régresser encore plus. Jouer à la marelle et à l'escargot. A l'élastique et à la corde à sauter !

Il aura fallu attendre le début du mois de septembre. De toute façon, ça a toujours été mon mois préféré. C'est mon début d'année à moi depuis que je suis petite. Y'a pas de premier janvier pour moi, c'est le première septembre. Bonne année !

Fin mai tout de même, je m'étais souvenue que j'avais des poils aux bras. Le jour de mes 25 ans. Parce qu'il y avait Soap and Skin devant un piano dans une robe défaite de strass et de paillettes. Parce que je vivais. Par la musique. Scotchée. Subjuguée. Mais pas au point de vouloir sauter par la fenêtre pour dire que c'est fabuleux de se sentir si pleine d'émotion que c'est trop pour une seule personne.
C'était juste un peu de bonheur dans une bulle. Tu vois, toi, tu sauras jamais ce que c'est le bonheur pour moi. Parce que c'est éphémère et que je me suis toujours foutue des promesses.

Après peut-être que fin juin j'ai aussi ressenti certaines choses. Mais c'était étrange. J'étais là et ailleurs. Perdue.

Et y'a le début de septembre.
Les fenêtres ouvertes sans sauter à travers parce que je vais écouter ça toute la nuit. Que je vais sautiller à pieds joints dans mon petit appartement avec un sourire de gosse éperdue par ses émotions. Que ça me fait trembler. Que ça me tortille le ventre. Que ça me balance le cou et les hanches aussi. Seule. Dans toute ma splendide solitude. Heureuse. Dans l'éphémère de cette nuit. Le monde peut crever je m'en fiche, je suis égoïste, je l'ai toujours été, je pense qu'à ma gueule et je fais les choses sans regret et surtout sans coup d'oeil derrière l'épaule. Parce que je suis sur des rails, et pas seulement parce que j'aime les gares.
Ca serait comme dans un film. Un gros plan au départ sur un sourire radieux. Puis un clin d'oeil lorsque la caméra s'élargit et passe sur le visage. Et changement de plan. De dos. Et travelling arrière. Laisser la fille devenir un petit point invisible, les bras écartés vers un ailleurs lointain. Sans entrave. Et même sans sac à dos. Juste la musique.

Bordel de merde. Je pourrai en chialer tellement je trouve ça superbe. Tellement ça me remue. Je comprends pas tout. Je ne sais pas analyser la musique, simplement ce qu'elle me fait ressentir.

Au départ j'étais partie pour m'énerver contre les Inrocks, parce que ça faisait longtemps et que j'aime bien m'agacer, surtout contre ce que j'aime.
Puis j'ai jeté le magasine, il est quelque part par terre sous ma table. Les pages abimées. Alors j'ai préféré mettre leur CD. Mais je me suis arrêtée qu'à la première piste. C'est suffisant pour ce soir. L'album entier est une petite merveille et demain il sera chez moi et je peux jurer qu'il y sera un moment à tourner.

Parce que c'est bien d'avoir des poils sur les bras qui se hérissent.

Posté par Pincettes à 22:51 - N.e.x.t. - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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