N E X T E X I T

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13 mai 2008

Oups

Rappelé à l'ordre par miss Dimitri, je peux vous dire que je suis encore vivante, c'est déjà ça.

7h00. Inter-douche-café-danette-comté. Attente d'un mail avec un peu beaucoup de trouille au ventre... Hum... On dit merci au voisin !

Sinon, oui, et bien, comment dire. Ca s'est bien passé. Tranquille. Je dirais même assez agréable. Y'a juste certains sujets qu'il ne faut pas aborder, mais ils n'empêchent pas la discussion pour autant. Enfin, voilà. C'est terminé, et c'est tout de même pas prêt de recommencer, donc jusqu'à ce jour je peux respirer normalement. Et je me reprendrai la tête au moment où il le faudra.

Sinon aussi. J'ai envie d'aller visiter Stockholm.

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09 mai 2008

Valeureux petit soldat

Je travaille. Hum, vous ne vous êtes pas trompés. Je travaille vraiment. Je gagne même un salaire au smig horaire. Je me lève tous les matins à l'heure. Et je rentre le soir épuisée. Avec en prime la sensation de ne pas avoir respiré. Ca serait un peu comme d'être dans un blue jean trop petit, le ventre comprimé, le sourire crispé et souffler le soir en détachant enfin le bouton et la fermeture éclaire qui se dézippe seule.
Je travaille. Pas ce simple baby-sitting que j'effectue depuis le mois de décembre. Enfin, simple. Ca ne l'est pas vraiment. Mais je n'ai pas réellement envie de m'étendre sur le sujet pour le moment, j'ai bien trop peur de faire dans la pédopsychiatrie à trois balles.
Non, je travaille !

Bien sûr je fais un boulot de merde. De ceux qu'on n'envisage pas toute sa vie mais qu'on prend tout de même, à défaut d'autre chose, pour soi disant se payer ensuite des loisirs au nom d'une liberté durement acquise au labeur. Foutaise !

Petit soldat se réveille le matin brumeux, cheveux pétards, yeux flous, tatônnant sous la douche à la recherche d'un réveil sursaut-douceur sur fond de France Inter et odeurs de thé aromatisé à la cannelle. Puis s'extirper d'un cocon blanc crépis pour affronter les têtes grises dans le bus 6 et les collégiens piaillant leurs railleries de la veille. Ce n'est pas grave, avec un peu d'argent, petit soldat s'est offert un joli petit mp3 tout blanc qui fait semblant de l'isoler du reste du monde. Après avoir emmené zigoto à l'école et avoir éclusé café et cigarette avec sa mère sur fond de rumeurs du boulottage, petit soldat descend du bus 13 pour se rendre au travail à 9h, saluer quelques têtes et mal de coeur de sourire un peu trop systématiquement, au point de paraître sociable aux autres et même d'une bonne compagnie rafraîchissante pour ce collègue qui joue au poker et qui l'oblige à écouter RMC et Europe 1.
Ca lui fout un p'tit peu la gerbe au soldat de devoir se confronter à ce monde aseptisé où tous sont mariés, pacsés ou concubins, avec une smala de gosse déjà existante ou en cours de projet, où la lesbienne est épinglée comme la fille qui aime le foot mais avec qui il ne faut pas discuter de trop près, par peur qu'en sourdine du bouche à oreille on révèle que tu copines avec elle et que tu peux être du même bord. Ou encore ce mec aux moeurs sexuelles jugées déviantes ou immorales, sous prétexte qu'il trompe sa femme, qu'il va être papa bientôt, qu'il aime se faire sodomiser et se faire fouetter.
Petit soldat ne comprend pas l'intérêt de dévoiler ainsi l'intimité de ses collègues au détour des couloirs et de s'en moquer, mais de faire comme si de rien n'était.
Petit soldat ne doit pas avoir les bonnes cartes en main pour comprendre.

La seule conclusion qu'on puisse apporter c'est que : la connerie rapporte du fric.

Et quand petit soldat ne travaille pas épisodiquement dans cet enfer des vacances bourgeoises, il reste bien vaillant. Dos droit pour les trois jours qui vont suivre de l'inspection de sa pseudo vie par son père biologique. Petit soldat a eu beau bouquiner toute la journée et écouter Bowie toute la soirée, il est pas sûr de lui, et il tremble d'avance d'entendre les critiques pour lesquels il ne se défendra pas. Parce que dans sa tête, il se dira qu'il n'aura pas été assez parfait, et donc, que c'est de sa faute.

Petit soldat s'en va, guerrier aux pas chancelants, traquer les moutons sous son lit et vérifier les ingrédients dans le frigidaire, espérant qu'une bombe ne va pas faire exploser son studio ce week-end.

Compte-rendu lundi soir pour savoir si je suis toujours en vie.
Merci de ne pas compatir.

~ Oreille ~ Cat people (putting out fire) ~ Davie Bowie

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21 avril 2008

Question de timing

Y'a six ans, je passais le bac. Y'a six ans, j'avais 18 ans. Y'a six ans, j'étais déjà blonde aux yeux bleus. Y'a six ans, j'aimais déjà Serge Gainsbourg. Y'a six ans, je faisais chier tout le monde avec.
Maintenant, je me suis calmée.

Y'a cinq ans, je me foutais de la fac. Y'a cinq ans, j'allais pas en cours, j'avais 19 ans. Y'a cinq ans, j'avais des mèches roses, bleues ou blondes décolorées. Y'a cinq ans, je découvrais l'androgynie à travers Bowie et Placebo.
Maintenant, je sais me tenir en place devant les yeux noirs charbonnés au crayon d'un garçon.

Y'a quatre ans, je me foutais toujours de la fac. Y'a quatre ans, j'allais beaucoup au cinéma, j'avais 20 ans. Y'a quatre ans, j'avais encore des mèches roses et blondes. Y'a quatre ans, j'allais voir des films bizarres comme Tiresia et Wild Side avec des transexuels, et j'aimais ça, et je lisais la saga des vampires d'Anne Rice.
Maintenant, je lis toujours les vampires bien plus modernes de Poppy Z. Brite, une auteure transexuelle.

Y'a trois ans, je faisais enfin les études que je voulais. Y'a trois ans, j'arpentais seule ou pas les rues grenobloises, j'avais 21 ans. Y'a trois ans, j'avais des cheveux longs et courts en même temps. Y'a trois ans, je découvrais Arcade Fire, The Kills et Kicks Joy Darkness. Y'a trois ans je faisais encore des conneries aussi grosses que moi.
Maintenant, je me tiens presque à carreaux.

Y'a deux ans, j'obtenais mon DUT. Y'a deux ans, j'aimais encore Grenoble, j'avais 22 ans. Y'a deux ans, j'avais une coupe sage au carré toute blonde aux mèches décolorées blanches. Y'a deux ans, je lisais intensément les Inrocks et j'allais voir Oasis ou The Dresden Dolls en live. Y'a deux ans, je me peinturlurais les ongles en orange de chez Yves Rocher.
Maintenant, je n'aime que le bleu poison de chez Dior.

Y'a un an, je tentais de faire un stage à Rennes. Y'a un an, j'allais beaucoup à Paris, j'avais 23 ans. Y'a un an, j'avais les cheveux longs de ma couleur naturelle. Y'a un an, je me changeais les idées en draguant tout ce qui me passait sous la main. Y'a un an, j'allais voir n'importe quoi au cinéma. Y'a un an, je relisais Bernard-Marie Koltés et Sarah Kane, et j'écrivais beaucoup. Y'a un an, j'ai vu pas mal de fois Indochine en live, j'ai fait beaucoup de train.
Maintenant, je reste à pieds.

Maintenant, je tente de chercher du travail. Maintenant, je passe beaucoup de temps dans ma tête, j'ai 24 ans. Maintenant, j'ai les cheveux d'un carré plongeant, avec la nuque découverte et on peut m'y faire des chatouilles. Maintenant, je vais au cinéma une fois par semaine, le dimanche après-midi. Maintenant, je vais à des concerts toute seule. Maintenant, je rends de compte à personne.

Là tout de suite j'écoute Benny Goodman. Là tout de suite, je mange des pâtes chinoises avec des champignons noirs, du gingembre et des petits pois. Là tout de suite, je bois du thé or. Là tout de suite, je lis Millenium.

Et la vie tranquille, là tout de suite, c'est bien. Avec un peu de papier d'Arménie.

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14 avril 2008

v, w, X., y, z...

... et compagnie sont allés voir les Têtes Raides il y a un mois ...

... et ils ont chanté ...

je_chante_copie

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13 avril 2008

A la laverie. 1

Comme souvent, notre héroïne (c'est à dire moi), se rend à la laverie du coin après s'être armée de courage pour sortir en ce jour dominical. Mais depuis un an (déjà), elle a pris l'habitude, mais pas le goût, de s'y rendre. L'an dernier il s'agissait de la laverie Jeanne D'Arc à Rennes, et allez savoir pourquoi, elle s'y rendait toujours un jour pluvieux, et ça l'agaçait prodigieusement de rentrer aussi mouillée que ses fringues devenues propres. Elle attendait toujours le dernier moment pour y aller, n'ayant plus le choix, l'armoire étant vide ou seulement pleine de draps de bains et quelques chaussettes qu'elle ne souhaite plus mettre. C'est pourquoi par pure flemme, elle préférait faire les boutiques, acheter un jean, un tee-shirt, histoire d'être sûre d'avoir encore de quoi se vêtir une journée et demie.
Depuis son installation à Clermont-Ferrand, elle a décidé d'abandonner cette connerie du dernier timing et de se prendre par la main pour se rendre 500 mètres plus loin et laver ses vêtements.

Alors, aujourd'hui, après un tri minutieux, assise au milieu de son appart', toutes fringues éparses à ses alentours, elle choisissait de mettre de côté serviettes blanches et taie d'oreiller claire, ainsi que gros pulls noirs, pour laver le reste. Expliquons-nous, les gros pulls attendent d'être lavés depuis au moins un mois, si ce n'est pas plus. Après tout, elle n'est pas prête de remettre sur son dos ses pulls à col roulé vu le temps qu'il fait. Donc ce n'est pas sa faute, c'est la faute du temps !
Enfin bref, la voilà partie, mp3 branché sur les cactus de Dutronc, elle ajuste son image face aux miroirs qui jonchent l'allée qu'elle prend, et elle pense qu'il faudrait qu'elle achète un miroir en pieds, elle vérifie qu'elle a pris son bouquin du moment, 4 euros dans la poche. Tout va bien.
Deux bonjours disséminés par bonté aux deux personnes déjà présentes dans la laverie. Elle remplit sa machine, elle met ses sous, elle s'installe assise sur la grande table, les chaises étant déjà remplies, puis elle se plonge dans sa lecture. Et là, tout d'un coup, quelqu'un rentre pour connaître le prix de la lessive en vente sur place.

Et là. Il faut réellement imaginer l'arrêt sur image. Notre héroïne se mord la lèvre, regarde son bac qui tourne vite, elle se pince la langue de ses dents pour ne pas rire tandis qu'elle songe "merde la lessive !".
On peut la féliciter de ne pas s'être ridiculiser dans un fou rire spectaculaire. Ca s'appelle de la maîtrise de soi ! Enfin, toujours est-il qu'elle a, en effet, oublié de prendre sous son évier avant de partir, les sachets de lessive...

Elle se demande maintenant si c'est de la poisse, si c'est dû à sa blondeur, ou juste de la connerie. Parce qu'il faut vous dire, qu'elle n'y a pas pensé un seul instant à prendre la lessive.

Fin de l'épisode, désabusée, l'héroïne range toutefois son linge sur son étendard vert pomme et se jure qu'elle ne recommencera plus une bourde pareille...

~ Oreille ~ Bad Girl ~ Ana M.

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24 mars 2008

Paris photos

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A deux pas de chez toi

Je ne sais pas encore si ça me fait du mal, mais ça me coupe l'appétit.

Le parc sonne. Mes voisins rentrent de week-end. Le kebab en bas a des odeurs de friterie jusqu'à mes fenêtres. La lumière est jaune. Je suis étirée.

Tout est à sa place.

~ Oreille ~ Au coin du monde ~ Keren Ann

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10 mars 2008

A la télé ce soir

Tout le monde sait que j'ai un égo et un sur-moi excessivement sur-développés. Donc, lorsque je m'ennuie, que fais-je ? Je relis mon blog et mes anciens blogs... Chacun ses occupations, mais c'est surtout que j'en avais marre de mater le plafond.
Donc j'ai jeté un coup d'oeil pas très discret à mon blog précédent que j'avais été obligée d'arrêter parce que je suis une nouille qui avait fait une connerie dans la mise en page. Bref.
Donc en relisant ce blog là, je me suis aperçue que j'avais écrit un truc cool et léger, un truc digne de la sitcom marseillaise que les français comparent à Desperate Housewifes. Je ne dirai rien là-dessus, je n'ai pas envie de rentrer en débat avec moi-même. Et ce truc cool, je vais le reprendre, c'était un concept qui m'avait bien fait marrer. Je racontais ma vie façon héroïne de sitcoms (justement !), et puis ça me permettra d'être sûrement un peu moins solennelle.

Bref. Voilà, la nouvelle catégorie s'appelle donc ZAPPING, parce que je garantis pas que ce que je vais y raconter sera hyper intéressant... Enfin, pour le moment, vous n'êtes pas obligé d'allumer la télé...

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03 mars 2008

Le silence de mes conversations

Il est trop facile de ne rien dire. Il n'est pas si facile de faire semblant.
C'est juste la brûlure dans l'estomac, les désillusions et aucun manquement au pardon. Aléatoire. Ou invisible. Numéro de sécurité sociale. Numéro d'identité nationale. Date de naissance. Prénom, vite relégué au terme de rien. Nom de famille bafoué. Il ne représente rien d'autre qu'un passé dont je ne me souviens pas. Juste un déjeuner sur un balcon, des raisins secs dans une salade, du soleil et un paravent de bambou desséché à la balustrade. Puis directement la case des poupées jetées par dessus l'épaule pour faire un tri et déterminer lesquelles habiteront chez maman et celles qui resteront chez papa. Et maintenant on rattrape le temps perdu, j'en ai du temps, en ce moment. Mais j'ai toujours des brûlures dans l'estomac et se retenir de lâcher encore des larmes sur tout cela. Ce ne m'intéresse pas. Non, je n'ai aucun pardon à accorder, ce n'est pas ma faute si je ne connais pas mon père. Culpabilité dérisoire. Inavouable au concerné. Il n'est lui aussi qu'un chiffre. Le premier. Mais les premiers sont les derniers, c'est bien connu. Rouler en seconde. Numéro de compte bancaire. Salaire miséreux. Inconnu au bataillon ces mots étrangers que je ne veux pas apprendre. Je veux partir à Amsterdam ou retourner à Saint-Malo. Je ne veux pas rendre de compte. Je ne veux plus. Ne me racontez plus vos vies, je n'y trouve plus aucun intérêt à vivre par procuration. Je préfère rester dans mes silences, ne plus attendre le coup de téléphone, ne plus le regarder, l'éteindre. Tout effacer. Il n'y a que dans ma tête que les choses sont intéressantes, même si c'est un bordel, en vrac. Casier judiciaire vierge. J'y ai échappée belle tout de même. Ca m'aurait fait rire. Le rire blasé. Tout est à sa place. Chacun chez soi et que surtout on ne dépasse pas les frontières. 4 assiettes, 4 verres, 8 petites cuillères, 1 casserole. 22 mètres carré. Eclairage sophistiqué. Mon oreiller sent bon. Je vais aller m'y cacher dedans.

Je ne suis rien qu'une petite fille capricieuse.

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~ Oreille ~ When I was a young girl ~ Nina Simone

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02 mars 2008

Clermont-Ferrand photos

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